FINNOIS
LOCALISATION

Source : extrait de Atlas des langues, Sous la direction de Comrie B., Matthews S. & Polinsky M., 2004, Acropole
Le finnois, langue officielle de la Finlande et langue officielle en Europe. Le finnois est parlé par 95% de la population finlandaise et environ 500 000 locuteurs en Suède. A la différence de pays comme l’Italie, la France, l’Espagne, le nom de la langue n’est pas un dérivé du nom du pays. Cela nous permet de réaliser que notre représentation « une langue, un pays » n’est pas un phénomène majoritaire.
LES GESTES VOCAUX
- 8 voyelles simples, 8 voyelles longues (durée de la voyelle).
- 13 consonnes : elles aussi exploitent les oppositions de durée. Il y a donc peu de gestes vocaux consonantiques en finnois. Les oppositions de durée des consonnes permettent de compenser cela. Exemple : muta « mais » ; mut:a « boue ».
LES MOTS
Les noms
Il y a une déclinaison en en 14 cas : nominatif, génitif, accusatif, partitif, inessif, élatif, illatif, adessif, ablatif, allatif, essif, translatif, abessif, comitatif (pour en savoir davantage sur la notion de cas, voir glossaire en bas de cette page).
C’est une langue agglutinante. Cela signifie que, à partir du radical d’un mot, il est possible « d’agglutiner » des indications. Donc, en plus des marques casuelles, le finois a de nombreux suffixes dont des suffixes donnant des indications comme le pluriel, le possessif, etc. Par exemple, « taloissani » (dans mes maisons) comprend : talo-i-ssa-ni : talo « maison » + i marque du pluriel + ssa marque de l’inessif (« dans ») + ni suffixe du possesseur de première personne du singulier (« mon, ma, mes »). Il n’y a ni genre ni article qui accompagneraient les mots.
Les adjectifs
Ils s’accordent en général avec le nom en suivant les déclinaisons : valkoi-ssa talo-ssa (à blanche maison > à la maison blanche).
Les verbes
Les verbes se conjuguent en fonction des modes, des temps et des personnes.
La phrase
L’ordre de base des trois fonctions dans la phrase est Sujet-Verbe-Objet.
GLOSSAIRE
Agglutinantes (langues)
Cela signifie que, à partir du radical d’un mot, il est possible « d’agglutiner » des indications (https://fr.wikipedia.org/wiki/Langue_agglutinante).
Cas (langues casuelles)
Les cas dans une phrase expriment la fonction des mots par rapport au verbe. En français ou en anglais, les cas n’existent pas et ce sont les prépositions (à, de, avec, par) qui jouent ce rôle ou encore la place du mot dans la phrase. Dans une langue à cas, les noms ont une déclinaison selon leur fonction.
Un exemple en français de « trace » casuelle est la distinction entre le pronom « je », sujet « me », complément : les deux formes se distinguent par leur fonction dans la phrase.
Dans les langues casuelles, on parle de déclinaison des noms. Le latin a 6 cas, le hongrois, 20 cas, le finnois 15 cas. Une des conséquences est le non-figement de la place des mots dans la phrase, à la différence de l’anglais ou du français.
Le principe est de donner pour chaque mot, une désinence (un affixe). Cette désinence est une indication de fonction du mot dans la phrase, par rapport au verbe (sujet, complément, etc.). La précision des différents compléments par rapport au type de verbe génère de nombreux cas. Par exemple, dans une langue casuelle, Nicole vient avec Pierre, « avec » serait exprimé par une désinence, un suffixe (le comitatif) ajoutée au mot Pierre. D’où la notion de déclinaison des mots. Ces précisions « accrochées » aux mots de la phrase peuvent devenir un véritable casse-tête pour une personne voulant apprendre une langue casuelle. C’est la situation qui arrive quand une langue distingue des éléments de localisation. Par exemple, avec la notion de direction, il est possible de distinguer quatre possibilités : un mouvement venant de l’extérieur d’un lieu (ablatif), venant de l’intérieur d’un lieu (élatif), un mouvement vers l’extérieur (allatif) et un mouvement vers l’intérieur (illatif). Avec la notion de localisation, il est possible de distinguer un objet à l’intérieur (inessif), un objet près d’un lieu à l’extérieur (abessif) ou encore un objet sur le lieu (adessif). Bien évidemment les enfants apprennent cela en parlant…ils ne découvriront ces complexités grammaticales de façon explicite que plus tard. Un peu comme en français où les enfants mémorisent par la pratique le genre des mots et apprendront plus tard que les mots français ont un genre.
REFERENCES
Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage
Dubois Jean, Giacomo Mathée, Guespin Luis, Marcellesi Christiane , Marcellesi Jean-Baptiste, Mével Jean-Pierre, 1994, Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, Larousse.
Dictionnaire des langues
Bonvini Emilio , Busuttil Joëlle & Peyraube Alain, 2011, Dictionnaire des langues, PUF.


